Iceberg Slim, le proxénète le plus emblématique

Un auteur au lourd passé

 

Si vous écoutez du rap, vous avez certainement déjà entendu le nom d’Iceberg Slim ou vous avez certainement déjà regardé des clips qui faisaient référence à lui. Ce nom n’est pas seulement le titre du dernier album du rappeur Veerus et du prochain track de Dinos. Iceberg Slim est une légende de la culture.

 

Né en 1918 à Chicago, Iceberg Slim, de son vrai nom Robert Beck, est l’auteur de la trilogie du ghetto (comprenant les œuvres Pimp, Trick baby, et Mama Widow). Il a été qualifié par l’auteure et poétesse Sapphire comme « le Shakespeare de l’argot des rues ».

Mais il n’est pas un auteur comme les autres, car il a aussi été maquereau dans les années 50. Son œuvre la plus célèbre reste à ce jour Pimp, les confessions d’un maquereau, sortie en 1967. C’est par acte de rédemption qu’il commence à l’écrire durant son séjour en prison. Il y raconte sa version de son expérience en tant que pimp et la brutalité du jeu de maquereau entre la police, les putes et le ghetto. On y voit les meilleurs comme les pires instants de sa vie comme l’abus sexuel qu’il a subi à l’âge de 3 ans par sa nounou.

 

Il amène une vision à laquelle des personnes pouvaient enfin s’identifier, pas la vision habituelle, mais celle que les oubliés de la culture pouvaient approuver. Mais en réalité Pimp n’est pas une biographie mais une dramatisation de sa vie. D’ailleurs on sait qu’Iceberg Slim n’était pas réellement son nom de proxénète contrairement à ce qu’il prétend dans son livre. Il a vécu sous plusieurs identités, d’abord Robert Moppins Jr qui est son nom de naissance, ensuite Cavanaugh Slim, son vrai nom de proxénète dans les années 40-50 à Chicago, puis Robert Beck en 1963 lorsqu’il décide de reprendre le nom de famille du dernier mari de sa mère, qu’il considérait comme son vrai père, et pour finir Iceberg Slim en 1965 après la mort de Malcolm X, homme à qu’il s’identifiait fortement. En faisant ça, il tentait sans cesse de se réinventer.

 

Le plus vieux métier du monde

 

Max_Julien_The_Mack
Max Julien interprétant un proxénète nommé Goldie dans le film The Mack

 

Au début de sa carrière d’écrivain, ses livres étaient essentiellement connus dans les milieux urbains underground. Mais après quelques passages à la télévision et quelques portraits dans la presse écrite, ses œuvres finissent vite par se propager au-delà des murs du ghetto. En effet, le deuxième ouvrage de sa trilogie, Trick Baby, a été adapté au cinéma par Universal Pictures en 1972. 43 ans plus tard, Pimp devenait numéro un des ventes sur Amazon US dans la catégorie « Philosophy of Good & Evil ». Ce même livre a même  fait l’objet d’une étude académique à l’université d’Harvard car elle vue comme une « oeuvre transgressive ».

 

Il est le proxénète que l’on retient. Le Pimp est une des premières figures noires américaines qui fait rêver, bien plus qu’un employé de bureau ou qu’un banquier. Il possède énormément d’argent, se balade en Cadillac, en portant un costume extravagant, un grand chapeau et des bijoux de valeur. C’est justement en cirant les chaussures d’un Pimp durant son enfance que Robert commença à les admirer. Ce métier fascine car le Pimp ne travaille pas mais se fait beaucoup d’argent, il arrive à contrôler non pas une femme mais plusieurs et il réussit à les garder avec lui.

 

Il est une source d’inspiration pour la culture noire, que ce soit dans la comédie avec Katt Williams qui nomme son spectacle Pimp Chronicles, dans le cinéma avec le film The Mack mettant en scène le proxénète Goldie (joué par Max Julien) mais aussi dans la musique avec UGK et Outkast qui mettent en scène des Pimp lors d’un mariage pour le clip de Int’l Players Anthem.

 

Les rappeurs dans leurs clips, en intégrant de belles voitures, des bijoux, des costumes en soie, et des femmes dénudées n’imitent pas les riches hommes d’affaires mais les Pimp. Ils les rendent séduisants.

 

 

On retient aussi des rappeurs comme Too Short, Snoop Dogg ou Pimp C qui vont souvent s’accaparer le style vestimentaire et les attitudes du Pimp.

 

Les noms des rappeurs Ice- T et Ice Cube rendent rendent hommage à Robert. En 2012, Ice-T et Jorge Hinojosa ont même réalisé un documentaire nommé Iceberg Slim : Portrait of a Pimp dans lequel on retrouve tous les témoignages et extraits de la réussite et de l’influence de Slim, avec les interventions de Katt Williams, Snoop Dogg ou encore Chris Rock.

 

Plus d’un rappeur convoque Iceberg slim dans leurs paroles ou interviews comme Biggie, Jay-Z, Method Man ou même Alpha Wann et Deen Burbigo et ça n’en finit pas.

 

>> À lire : Pimp : mémoires d’un maquerau d’Iceberg Slim

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Tressy Katana - Créatrice du blog TRESSYKATANA.COM qui traite de musique, rap, rnb, de phénomènes de société et de toute la culture urbaine.

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