Écrit par Babeen et Tressy –

 

Un an après la sortie de Culture qui a marqué l’impact de Quavious Marshall, Kirshnik Ball et Kiari Cephus, Culture II arrive tout chaud avec l’ambition de succéder au premier opus et de perpétuer l’impact de la famille dans le rap. Migos nous livre un projet de 24 titres qui se baladent entre Banger Trap et quelques sons aux atmosphères plus détendues parfumées de mélodies jazzy.
Un opus produit par des grands noms tels que Binks Beatz, Metro Boomin (qui n’a produit qu’un seul track sur cet album mais qui est à l’origine de Bad and Boujee, un des plus gros succès de Migos), Zaytoven (lui aussi n’a produit qu’un seul track malgré sa proximité avec les Migos), Pharrel Williams (qui reste la grosse surprise de ce projet coté production), Kanye West, DJ Durrel & Quavo, Deko, OG Parker…

Le gros bémol de ce projet est qu’il est long et même trop long et c’est le point noir qui pourrait freiner certains auditeurs. Le projet a des airs de mixtape comparé à Culture qui était lui plus court et plus efficace.

L’album étant assez dense, j’ai sélectionné quelques sons à passer en revue.

 

Track 3 : Narcos
Prod. Quavo et DJ Durel

La première chose que l’on remarque, c’est le sample. La guitare aux sonorités caribéennes vient du morceau Espoir du groupe Les difficiles de Pétion Ville, groupe mythique haïtien. On sent la forte influence latine (notamment dominicaine) dans ce sample, et c’est certainement pour ça que le groupe a choisi le titre « Narcos ». Une fine manière de parler de drogue tout en surfant que le succès de la série télévisée. La phrase « This is real rap, no mumble » dans le refrain, nous montre à quel point Migos ne blague pas, ils ne veulent pas être assimilés à la nouvelle génération adepte de mumble rap (le fait de rapper sans articuler).

Offset et Quavo se renvoient le micro sur le refrain avec brio. Les couplets sont affinés, le pari est réussi, le turn up est assuré.

 

Track 6 : Walk It Talk It feat Drake
Prod. Deko & OG Parker

Le refrain est entrainant et répétitif, c’est un hymne au « rester vrai », les Migos t’expliquent que tes paroles doivent rester fidèles à tes actes. C’est simple. Les couplets de Quavo et d’Offset sont très efficaces. On retrouve Drake et ce n’est pas la première fois qu’on entends un de ses couplets sur un son des Migos. « We been brothers since Versace bando », en effet, le chanteur canadien avait déjà, à l’époque, décelé le potentiel du groupe et s’était invité sur Versace, le temps d’un remix.

Mention spéciale pour Takeoff qui clôt son couplet en comparant ses testicules à une Spalding (marque de ballon de basket). Son couplet est clairement un shoot à 3 points dans l’overtime. Migos gagne au buzzer.

 

Track 8 : CC feat. Gucci Mane
Prod. Dj Durel & Quavo

Impossible pour Migos de faire leur projet Culture II, sans faire appel au « Trap God ». Des synthés ouvrent le morceau dans une ambiance froide. Les percussions démarrent et Quavo vient délivrer un refrain entrainant et pleins de bon conseils à l’égard de la gente féminine. « Sa vision de vie » comme dirait Oxmo.

Gucci Mane vient poser un couplet percutant, la collaboration est toujours aussi puissante. Offset vient frapper le beat avec un flow limpide et une petite référence au Nokia 3310, valeur sûre de tout bon vendeur pharmaceutique qui se respecte. Takeoff récupère avec un flow plus détendu en transformant toutes les femmes mariées en femmes de petites vertus.

 

Track 9 : Stir Fry
Prod. Pharrell Williams

Les univers semblent opposés mais la collab entre Pharrell et Migos est réussie : un morceau énergique qui met la pression, sur un sample de Mohawks – The Champ. Les coups de sifflets résonnent, Quavo accompagne parfaitement la mélodie de synthé, la patte de Pharrell est présente sur le morceau tout en adaptant les percussions au flow des Migos. Quavo nous explique comment cuisiner du crack en le comparant au « stir frying », une technique de cuisson chinoise. Le son est idéal pour une séance de cuisine et c’est d’ailleurs de cette idée qu’est née la vidéo de Migos en partenariat avec la chaine Youtube culinaire de Tasty.

 

 

Track 10 : Too Much Jewelry
Prod. Zaytoven

Zaytoven, producteur redoutable, fait danser une flûte et un piano au milieu de rythmiques trap. On pourrait reconnaitre une de ses instrus entre 1000. On ressent encore la grande influence qu’à Gucci sur le groupe et sur Zaytoven (qui est le beatmaker préféré et aussi un des meilleurs amis de Gucci Mane). Lors du refrain, c’est bien la mélodie de Jewelry de Gucci Mane qu’on entends.

Le son a quelque chose de classe, de brillant comme les bijoux mis à l’honneur par Migos. En dernière partie du son, Quavo nous offre un interlude à la Daft Punk. On peut dire que sur ce projet, il s’est vraiment amusé sur l’autotune (spécialement sur Emoji A Chain) mais c’est ça qui ajoute le côté mélodieux du projet. Mention spéciale pour le couplet de Takeoff, qui relève clairement le côté technique du son.

 

Track 11 : Gang Gang
Prod. Murda Beatz

Arrive ensuite le track que je qualiferais de tube estival. C’est le plus « Rnbisant » et « popisant » de l’album. Une prod sur laquelle on aurait pu retrouver Justin Bieber ou Chris Brown (pour un tube assuré). Il est en fait assez surprenant.

Comme je l’ai dit, j’ai tendance à penser que Takeoff représente la partie rap et technique du groupe (il est le meilleur rappeur des trois pour de nombreuses personnes). Mais dans ce morceau, on a droit à un Takeoff assez love, mais quand même bien présent. « Gang Gang Gang » apparait comme un gimmick principal par-dessus une douce voix féminine.

 

Track 13 : Crown The Kings
Prod. Quavo & DJ Durel

Le son commence avec un sample de Bob Marley, « Get up », qui accompagne l’instru tout le long du morceau. Morceau classique et déjà utilisé auparavant dans une sauce différente par Andre 3000 et Big Boi sur Git up Get Out en 1994 (hymne à la débrouillardise que je vous invite à découvrir). Mais pour en revenir à Migos, on ressent track après track, un sentiment de domination et de royauté dans le game. Comme Gucci l’a rappelé sur CC, il se mettent en position de GOAT (Greatest Of All Time) et veulent asseoir LEUR culture.

 

 

Track 17 : MotorSport feat Nicki Minaj & Cardi B
Prod. CuBeatz & Murda Beatz

Comme vous le savez, Motorsport est un des premiers singles de l’album. C’est en partie parce que c’est un featuring important, comprenant deux actrices majeures du rap en 2017, j’ai nommé, Cardi B et Nicki Minaj. On entend souvent des rumeurs de clash entre celles-ci, mais aucune des deux n’a jamais confirmé. Cardi dit même dans son couplet « Why would I hop in some beef, when I could just hop in a Porsche ? » (Pourquoi que je sauterai dans une querelle/un clash, alors que je pourrais sauté dans une Porsche). Nombreuses sont les personnes qui n’y croient pas, mais Nicki Minaj affirme qu’après avoir posé son couplet, elle a été mise au courant que Cardi B poserait par la suite et ça ne l’a dérangeait pas du tout (mais le fait qu’elles n’aient pas tourné le clip en même temps, reste quand même suspect).

Encore une fois, Takeoff clôture extrêmement bien le morceau, avant que Quavo reprenne le refrain et nous parle des blessures que lui ont laissé sa grand-mère.

 

Track 22 : Made Men
Prod. Cassius Jay & Nonstop Da Hitman

Encore un son qui sort du lot. Le genre de morceau à l’ambiance OG, que tu écoutes le dimanche matin, en plein été, vêtue de ton peignoir bordeaux, en caressant ton tigre d’une main et en fumant ton cigare de l’autre. Le genre de morceau sur lequel pourrait poser Rick Ross (d’ailleurs, il a lui aussi un son qui s’intitule Made Men).

Après Walk It Talk It, l’hymne à l’authenticité, Made Men est l’hymne de l’entrepreneuriat. « I would like to welcome you to the Migos show » annonce Takeoff.
Quavo ouvre son couplet avec un « Today was a Good Day » flashback sur un certain Ice Cube.

 

Track 24 : Culture National Anthem
Prod. Figurez Made It & 808Godz

Tout comme l’intro que je n’ai pas mentionné, l’outro est de qualité et vient poser définitivement Migos en étendard de son mouvement. Le mojo est définitivement inscrit dans l’histoire. Le piano traine une certaine amertume même si le futur est plus que sûr pour la famille. Migos est désormais gravé en lettre d’or aux côtés des autres grands noms de la Culture, qu’elle soit populaire ou urbaine.

 

Migos in the serie Atlanta

Crédit : Giphy

Publicités

5 réponses sur « Album review | Migos – Culture II »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s